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Un nouveau type de leadership


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Un nouveau type de leadership
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Cette nouvelle approche passe par un nouveau type de leadership, c’est-à-dire, qui rend visibles les femmes dirigeantes dans tous les aspects de la vie sociale, politique et économique, et définit aussi une manière propre et distincte de comprendre le monde et ainsi d’exercer le leadership.

Pourquoi pouvons-nous dire qu’il existe une manière distincte d’être dans le monde et ainsi une manière différente de diriger?

La réponse doit prendre en compte d’un côté, la différente socialisation à laquelle nous les femmes avons été exposées tout au long de l’histoire, et de l’autre, tout un pari idéologique des femmes et du mouvement féministe visant à incorporer de nouvelles valeurs et manières de faire dans tous les aspects de la vie, et ainsi également dans les entreprises et organisations.

Une manière différente de regarder, une manière différente d’agir

Nous pouvons trouver de nombreuses définitions du leadership, mais la plus étendue est celle qui considère comme dirigeantes ces personnes, hommes ou femmes, qui disposent d’un charisme particulier, qui ont ou exercent une grande influence sur des groupes déterminés. Si cela est certain, ce n’est qu’une partie de la vérité, car vu ainsi, d’un côté seulement certaines personnes peuvent être des dirigeantes, et de l’autre l’influence exercée uniquement au moyen des qualités personnelles ou du charisme, sans base idéologique ou sans une structure éthique qui l’accompagne, peut produire de véritables monstruosités nuisibles à la société, les exemples abondent pour le démontrer.

La capacité de leadership est beaucoup plus étendue si nous pensons que le leadership est plus que le charisme ou l’influence en termes traditionnels, que nous avons vus précédemment. Il existe différents types de leaderships, qui ne doivent pas toujours confluer vers les mêmes personnes; ainsi, ils peuvent s’exercer dans la famille, au travail, dans les relations d’amitié, etc.

Nous pouvons définir le leadership comme l’influence interpersonnelle, exercée dans une situation concrète et dirigée, à travers un processus de communication, vers un objectif éthique.

Je souhaite analyser peu à peu cette définition, pour encadrer les clés de ce qui serait le leadership exercé par les femmes dans le féminisme, et qui peut naturellement être conçu comme un nouveau leadership politique.

Lorsque nous parlons d’influence interpersonnelle, nous ne parlons pas de manipulation, de pression, ou de l’usage illégitime du pouvoir. Nous parlons plutôt d’un concept d’autorité et non d’un concept de pouvoir.

Le leadership, tout comme l’autorité, est quelque chose que chacun doit reconnaitre, ce n’est pas quelque chose qui est donné par la position de pouvoir que tu peux occuper dans la hiérarchie, beaucoup d’autres choses sont requises.

Nous, les femmes qui avons historiquement été éloignées du pouvoir, savons très bien ce qu’est exercer l’influence avec sensibilité intellectuelle et affective. Nous avons appris à développer la capacité de comprendre les besoins des personnes, de nos familles, de nos amis ou de nos équipes de travail, nous savons que nous ne pouvons imposer les idées mais plutôt les négocier à partir d’intérêts partagés. Les femmes ont développé la capacité émotionnelle davantage que les hommes, comme le démontrent de nombreuses études.

Sur ce point, je souhaite avancer certaines clés concernant l’influence interpersonnelle, que nous pouvons mettre en exergue lorsque nous parlons de leaderships féminins:

• Multidirectionnalité : nous, les femmes, avons plus de capacité d’écoute pour prendre en compte les propositions de tous les membres du groupe, précisément grâce à ce que nous avons déjà exposé, en dialoguant et en écoutant. De cette manière, nous réussissons à impliquer notre équipe en la faisant participer à nos projets partagés. Nous, les femmes, exerçons l’autorité en la comprenant comme la capacité de s’exprimer à travers la diversité de chacune. Cela signifie encourager la capacité d’être et de s’exprimer soi-même.

• Sens du temps : nous, les femmes, avons eu moins d’opportunités de donner notre opinion et qu’elle soit prise en compte. Cela fait qu’il est très important pour les femmes d’être très attentives au moment opportun pour réaliser leurs propositions. C’est donc un leadership qui sait écouter, qui est très proche du moment, du monde réel, pour tirer avantage des opportunités de plus grand succès pour nos propositions.

• Pactes et alliances: pour les femmes, c’est quelque chose de vital. C’est une caractéristique du leadership féminin, parce que nous, les femmes, avons appris à négocier, à chercher des allié/es à travers le féminisme. Nous savons que l’on ne peut rien accomplir en solitaire, que ce succès n’est pas durable. Pour cette raison, nous générons des alliances et créons des équipes de travail. L’objectif à atteindre nous importe beaucoup plus que notre propre reconnaissance personnelle, cela nous rend généreuse dans notre manière d’exercer le leadership, qui d’une certaine manière est toujours un leadership partagé.

Nous, les femmes, n’avons pas eu jusqu’à présent suffisamment de modèles au moment d’exercer notre leadership. Face à ce problème, nous avons du opter pour copier les modèles masculins de leadership ou affirmer notre manière d’être et de nous situer dans le monde pour l’appliquer à la vie sociale, politique et économique.

Lynn Rosener et Peter Schwarz du Stanford University Research Institute, découvrirent en 1980 l’existence de différences dans les styles du personnel de direction, et décidèrent de nommer ces styles: direction alpha et direction beta, selon qu’elles se rapprochent des conduites respectivement féminines ou masculines.

Le style Beta se caractérise par l’orientation vers des caractéristiques identifiées comme masculines: posséder une inclination rationnelle, analytique, quantificative; se fier aux relations hiérarchiques d’autorité, chercher des solutions déterministes à des problèmes spécifiques et pratiquer un raisonnement fondé sur des paradigmes établis.

Le style Alpha serait orienté vers des caractéristiques identifiées comme féminines: avec une inclination claire envers l’empathie, l’usage de l’intuition, la capacité de synthèse et l’évaluation de la qualité, la confiance envers les relations d’adaptation telles que le soutien mutuel et la recherche de solutions globales qui répondent à des ensembles de problèmes.

En réalisant une synthèse des études réalisées sur le leadership, nous pouvons définir les caractéristiques de l’un et de l’autre style en prenant en compte les traits différenciant les styles féminin et masculin de direction, au niveau de l’organisation, de la planification, du travail en équipe et des objectifs.

OBJECTIFS

La différence caractéristique fondamentale à ce niveau-ci est que le style féminin de direction donne la même importance au processus qu’aux résultats ou objectifs, alors qu’un style masculin de direction se préoccupe de l’atteinte de l’objectif et donne moins d’importance au processus.

Conclusions

Le leadership féminin est plus inclusif et communicatif, plus horizontal et moins hiérarchique, ce qui fait que les femmes dirigeantes construisent des équipes de travail solides, avec des gens très impliqués dans la tâche. Les femmes dirigeantes se préoccupent beaucoup pour les relations entre les personnes, pas seulement pour les objectifs à atteindre, elles valorisent la diversité de leurs équipes et partagent l’information. Ce qui est important, ce n’est pas leur propre personne, c’est leurs équipes, leur entourage. Pour cette raison, elles valorisent le climat de travail, leur style est plus personnel, en prêtant attention à la partie plus humaine des gens. Les femmes de direction ont une vision plus global et ainsi prennent conscience des autres facettes de la vie et de l’équilibre nécessaire entre celles-ci; pour cette raison, elles valorisent le temps dédié à d’autres activités.

Nous, les femmes, devons réaliser de grands efforts pour atteindre des positions de leadership, les obstacles que nous devons surmonter pour nous trouver dans les lieux de prise de décisions sont nombreux. Pour cette raison, une fois arrivée il est très important d’imposer une manière de faire, de regarder et d’analyser distincte. Nous, les femmes, devons faire les choses d’une manière différente.

Pour cela, nous ne devons pas seulement renforcer notre auto estime et nos habilités, mais aussi rompre certains clichés sur le leadership féminin. Je me réfère par exemple au fait que nous devons être ou nous comporter comme des femmes puissance 10, des femmes qui peuvent tout faire. Un exemple de ce type de femme souvent mis en valeur par un modèle de leadership non féministe est “la superwoman”. Assumer des journées doubles ou triples, l’attitude “je peux tout faire”, n’est pas transformatrice, n’implique pas une nouvelle redistribution de la société. Nous avons vu qu’un nouveau leadership féminin s’éloigne de cette image et mise sur les équipes, a travers l’horizontalité des relations, la coresponsabilité, la création de réseaux de travail partagé, en définitive une organisation sociale beaucoup plus équilibrée et démocratique.

Je souhaite ajouter un aspect très important du leadership: lorsque nous parlons d’un nouveau leadership féministe, il faut commencer par le leadership quotidien de la femme dans son entourage. Ceci implique le travail, la famille, les relations d’amitié, le couple. Enfin, tout l’entourage vital des femmes. Et lorsque nous parlons de l’importance d’exercer un bon leadership avec les clés que nous avons présentées précédemment, le débat sur l’estime et l’image de soi des femmes entre en jeu.

Lorsque nous parlons de nouveaux leaderships ou de leaderships de femmes, nous parlons de femmes qui doivent disposer d’autonomie et d’estime de soi suffisante pour exercer cette influence sur les autres. Nous devons nous rappeler et assumer avec force la devise avec laquelle Eleanor Roosevelt obtint que la Charte des Droits de l’ Homme des Nations Unies se nomme la Charte des Droits Humains, en incluant et en rendant visible de cette manière les droits des femmes comme des hommes. Elle dit donc: “le future appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rêves”.

Nous rêvons alors de nouveaux mondes régis par de nouveaux leaderships, nous, les femmes, sommes capables et l’urgence du changement ne peut permettre d’auto estime basse. Pour cette raison, nous devons prendre en considération certaines clés comme celles que nous offre Marcela Lagarde pour générer des leaderships chaleureux:

1. Apprenons à représenter nos propres intérêts en générant des leaderships universels: ceci est un processus de changement, un processus par lequel nous, les femmes, prenons conscience de nos intérêts et nous sommes de surcroit capables de le faire de manière universelle. Nous avons déjà commencé à le faire en incorporant la perspective de genre dans le monde.

2. Acquérons la capacité d’argumenter: ceci implique incorporer des connaissances et de nouveaux langages divers, qui incorporent le monde quotidien et qui nous permettent de défendre nos positions avec des arguments solides.

3. Acquérons la capacité de prendre soin de nous-mêmes. Il n’est pas possible d’être un guide pour les autres sin nous ne prenons pas en compte, ceci signifie laisser de coté les héroïsmes et générer des alliances et des appuis.

4. Renforcer notre engagement de genre, ceci signifie ne pas faire de concessions au machisme qui nous entoure, nous devons désapprendre la tolérance assumée face aux blagues sexistes et toutes les autres manifestations du machisme et de la culture patriarcale dans notre entourage.

5. Apprendre à être en désaccord, c’est la prise d’auto conscience de genre, c’est nous rendre compte de ce qui nous incommode autour de nous et le convertir en une force. Ceci ne signifie pas obtenir que tout le monde partage nos points de vue, mais que l’on commence à les prendre en compte.

6. Générons des accords et des réseaux, nous savons que cela fonctionne. Le féminisme est parvenu jusqu’ici en générant des réseaux de solidarité, d’expériences, de connaissances.

7. Développons des leaderships efficaces; ceci signifie mettre en pratique ce que d’une certaine manière nous avons commenté précédemment: nous devons être informées, nous devons diriger en tenant compte des personnes, nous devons être attentives à ce qui a lieu et l’assumer de manière critique, nous devons assumer nos responsabilités et être capables et les situer dans un cadre global.

8. Nous devons être capables de générer des leaderships inclusifs, ceci est très en rapport avec la création de réseaux et d’accords. Ne tentons pas d’obtenir tout et apprenons plutôt à négocier, à trouver des consensus.

9. En relation directe avec le point antérieur, respectons la diversité; personne ne sait mieux que les femmes que les choses peuvent prendre différentes formes et être vues de différentes manières, travaillons dans le respect des distinctions en sachant que ceci nous renforce et nous enrichit.

10. Réalisons des pactes politiques et éthiques au sein du Mouvement Féministe. Ceci signifie travailler de manière intelligente, en mettant en exergue l’accomplissement de tâches concrètes qui nous amènent à l’amélioration des conditions de vie des femmes comme des hommes.

Nous nécessitons des leaderships de femmes, la société nécessite les leaderships de femmes parce que, comme nous l’avons vu, ils peuvent être plus inclusifs, plus humains, plus respectueux de la diversité. Durant les dernières années, dans le monde de l’entreprise, on a mis en valeur l’importance d’avoir ou de manier “l’intelligence émotionnelle”. Ouvrons les yeux, les principales caractéristiques de l’intelligence émotionnelle sont des qualités que durant des années les femmes ont mises en pratique dans leur vie quotidienne. La capacité de se mettre à la place de l’autre ou l’empathie, l’importance de la communication, l’établissement de relations horizontales, convaincre au lieu d’imposer, gérer en définitive l’autorité et non le pouvoir absolu.

Mais du reste, les sociétés nécessitent ce mode d’organisation. Aujourd’hui, nous devons gérer la diversité, les conflits dans les relations personnelles; durant un temps, les sociétés ont vécu dans la dépendance des avancées scientifique-techniques, en laissant de coté la partie plus humaine des avancées. Nous savons aujourd’hui que ceci ne peut être laissé derrière nous et doit faire partie des ordres du jour politiques des gouvernements, que les frontières entre les espaces publics et privés se sont dissout; tout est important, et nous devons progresser sur tout les fronts en condition d’égalité.

Encourageons et rendons visibles les femmes dirigeantes, et non seulement les femmes engagées qui parviennent à la direction des gouvernements, mais aussi celles qui ouvrent le chemin chaque jour dans les mouvements de femmes, dans le monde du travail et de l’entreprise. Mettons en valeur leur manière de voir, leur manière d’agir. Les femmes, lorsqu’elles parviennent aux lieux où peuvent se prendre des décisions importantes, peuvent modifier les ordres du jour parce qu’elles savent regarder là où d’autres ne regardaient pas.

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